" Cher Monsieur Balsan, je n'écris jamais, car si j'ai de l'orthographe, je n'ai pas de poésie ... "
Éric Emmanuel Schmitt dit " Être optimiste est un combat ". Je vais vous raconter une histoire. Un jour, je m'étais lancée. J'y étais parvenue. J'avais osé commencer à écrire un ouvrage, un livre. Je m'étais installée sur mon lit, ordinateur ouvert, et j'ai cliqué sur Word. J'écoutais une musique de fond, calme, mais entrainante. Je voulais raconter. Nous raconter. Exprimer et rédiger quelque chose, un " truc" subtil. Je voulais faire une sorte de compte-rendu de voyage, sauf que ce voyage, c'était ma vie. Je voulais, que chacun de mes amis, si un jour ils avaient l'occasion de le lire, s'y retrouvent. Je voulais qu'à travers les deux seuls personnages principaux, ils se regroupent tous. Qu'a un moment par des phrases symboliques, ils puissent se dire, chacun leur tour, elle parle de moi là. Elle me mentionne. Je ou j'ai fais parti de sa vie, et elle le sait. Voila, une sorte d'hommage. Qu'il n'y ai jamais de fin. Qu'il me suive partout ce bouquin. Alors, j'avais commencé a respirer lentement. Un prologue. Voilà, par quoi je voulais le commencer. J'ai fais le vide autour de moi. Je voulais que ce livre commence par Lui. Que se prologue le concerne. Mais c'était trop simple. Vraiment trop simple. Il le devinerait facilement. Alors il s'appellerait Lou. Oui, son personnage momentanément, serait une fille. La fille. Cette fille. Il resurgirait de manière globale dans tel ou tel personnage, mais pour commencer, il serait Lou. J'ai toujours aimé ce prénom. (Loup tu crois ?). C'est dur, je vous assure, c'est très dur de commencer un livre. La toute première phrase; c'est elle la plus compliquée. Elle donne le ton, et suit les émotions. J'ai tapé, et tout ce prologue a suivit. Je crois, en fait je suis sûre, que je n'avais jamais rien écris et décris d'aussi beau. C'était lui, c'était moi. J'étais dans un état second lorsque je l'avais écris. J'étais parvenue à mettre mon esprit en veille, et à parler avec mes émotions, mes sensations, et surtout mes sentiments. J'avais la bouche près du c½ur quoi. Ce prologue reste ce dont j'étais la plus fière. Puis, j'ai continué, au fil des jours. Jour après jour, alors que je voyais le nombre des tiens diminué, j'ai écris. Pour toi, pour moi, pour les autres. C'est un peu prétentieux, ou égoïste, d'écrire pour la première fois, un livre, qui relate notre vie. C'est vrai, je l'avoue. Mais loin de moi l'idée d'être prétentieuse, c'était juste mon médicament. J'ai écris, écris, écris. Les chapitres ne me plaisaient pas, pas en globalité du moins. Seul mon prologue comptait. Toutes ces phrases me plaisaient, toutes. Je n'acceptais pas de ne pas parvenir à satisfaire mon égo, autant que lors de l'écriture de ce prologue. Mais je continuais. Pour me dire que notre livre aurait des chapitres. Des choses a raconté. Mais finalement, tout avait été dit dans ce prologue. Je ne voulais pas de fin à ce bouquin, car je ne voulais pas finir le dernier chapitre de ta vie. Tu sais, tu m'avais appelé après avoir vu " Ps : I love you ". Et tu m'avais dis, que la dernière lettre, tu me l'envoyais. J'avais pris ça oralement. J'avais revu cette séquence du film. Et j'en m'en étais contentée. Et je me souviens de la surprise, bonne et mauvaise, d'avoir compris que tu avais joint le geste à la parole. Deux jours après, je l'avais entre les mains cette lettre. En cendres à l'heure qu'il est. Et à cette heure, j'ai également tout perdu. Une mauvaise manipulation de ma mère, et mon prologue a disparu. A tout jamais. Et ma mémoire est trop mauvaise. Et aujourd'hui toi aussi tu as disparu. En fait, c'est faux de dire cela. Puisque je sais où tu es. Et où tu n'es plus. Tu n'as pas disparu en somme, tu t'es juste effacé. POF, un peu. Je n'ai plus rien de toi, si ce n'est cette bague, ces commentaires, et tes souvenirs. Mais je t'assure, su mon oreiller se cache ton odeur. Tout cela pour dire, qu'après la perte de mon prologue, je n'ai jamais su m'y remettre. Je savais que tout ce que j'écrirai serait moins beau. Pas à la hauteur. Et aujourd'hui, je me dis, pourquoi pas ? Je déteste être une pourquoi pas, mais quand il s'agit de ré-entreprendre cela, je me dis pourquoi pas. Ma mémoire est trop mauvaise.
C'est comme ça que tout a commencé, je crois.
"Je ne saurais expliquer ce que j'ai ressenti lorsque, pour la première fois, mon regard s'est posé sur elle."
Et si j'avais su l'expliquer.
Je crois.